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  • de

    Luigi Pirandellomise en scne Stphane Braunschweig

    du 2 au 17 septembreet du 29 septembre au 16 octobre 2015

    Grand Thtre

    cration La Colline

    www.colline.fr01 44 62 52 52

    15 rue Malte-Brun, Paris 20e

  • quoi bon des potes en temps de dtresse?F. Hlderlin

    Sommaire

    Introduction: Note dintention de Stphane Braunschweig (aot 2015)

    1re partie: Les Gants de la montagne, entre deux mondesExtraits des Gants de la montagne

    A. Ilse, rsister par le jeu1. De Se trouver aux Gants de la montagneDes personnages sculpts par la puissance des mots La ncessit de la langue, extrait dun entretien avec Stphane BraunschweigExtrait de Se trouver de Luigi Pirandello2. Lactrice et le pote: Lacteur met lpreuve le personnageCe sont les personnages qui font le drameExtrait dHamlet

    B. Cotrone, rsister par limagination et lmerveillement 1. Nous nous laissons enchanter Quelque chose de Peter PanLhomme ce rveur dfinitif dAndr Breton2. Alors vous nous mettez sur le mme plan que vos pantins, l? Extrait des Gants de la montagneLe thtre de marionnette par Heinrich von Kleist

  • 2e partie: Que peut faire lart face la brutalit du monde?

    A. Comment finir les Gants de la montagne ?Introduction, extrait de la note dintention de Stphane Braunschweig (octobre 2014)1. Extrait de la reconstitution du dernier acte des Gants de la montagnepar Stefano Pirandello2. La description des Gants par Cotrone, court extrait des Gants...

    B. La Fable de lenfant chang et Les Gants de la montagne1. Il suffit dy croire, extrait de La Fable2. Brve histoire de la fable

    C. Dun contexte lautre1. Mesurer la part de provocation dun texte, extrait dun entretien avecStphane Braunschweig2. Quelques notes sur le contexte dcriture des Gants... Les rapports complexes de Pirandello et Mussolini 3. La culture un bien commun par Jacques Ralite

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  • Les Gants de la montagnede Luigi Pirandello

    traduction de litalien, mise en scne et scnographie

    Stphane Braunschweigcollaboration artistique Anne-Franoise Benhamou

    collaboration la scnographie Alexandre de Dardelcostumes Thibault Vancraenenbroeck

    lumires Marion Hewlettson Xavier Jacquot

    vido-animation Christian Volckmanharmonium Laurent Lvy

    assistanat la mise en scne Amlie Enonassistanat aux costumes Isabelle Flosimaquillage et coiffures Karine Guillem

    avec

    La Compagnie de la ComtesseIlse Dominique Reymond

    Le Comte Pierric PlathierDiamante Ccile Coustillac

    Cromo John ArnoldSpizzi Romain Pierre

    Battaglia Jean-Baptiste VerquinLumachi Thierry Paret

    Cotrone Claude Duparfait

    Les poissardsLe nain Quaquo Laurent Lvy

    Duccio Doccia Jean-Philippe VidalLa Sgricia Daria DeflorianMilordino Julien GeffroyMara-Mara Elsa BouchainMaddalena Marie Schmitt

    production La Colline - thtre national

    Le texte de la pice prcd de LEnfant chang et de La Fable de lenfant

    chang, dans la traduction de Stphane Braunschweig,

    a paru aux ditions Les Solitaires Intempestifs.

    dure du spectacle: 1h50 environ

    du 2 au 17 septembre et du 29 septembre au 16 octobre 2015

    Grand Thtredu mercredi au samedi 20h30, le mardi 19h30 et le dimanche 15h30

    cration La Colline

    Le dcor a t ralis par les ateliers de La Colline.

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  • Rencontre avec lquipe artistiquemardi 29 septembre lissue de la reprsentation

    Rencontre avec l'quipe artistiquesamedi 3 octobre 15h la bibliothque Oscar Wilde

    12, rue du Tlgraphe - Paris 20e

    entre libre sur rservation c.bordier@colline.fr

    Surtitrage franais dimanche 4 et mardi 13 octobre

    Audiodescriptionmardi 6 et dimanche 11 octobre

    Surtitrage anglaissamedis 3 et 10 octobre

    TourneBonlieu - Scne nationale dAnnecy

    du 4 au 6 novembre 2015Thtre du Gymnase Marseille

    du 10 au 14 novembre 2015Thtre Olympia - Centre dramatique rgional de Tours

    du 18 au 26 novembre 2015Centre dramatique national de Besanon Franche-Comt

    du 2 au 5 dcembre 2015Thtre national de Strasbourg

    du 10 au 19 dcembre 2015

    Anne Boisson 01 44 62 52 69 a.boisson@colline.frClmence Bordier 01 44 62 52 10 - c.bordier@colline.fr

    Myriam Giffard 01 44 62 52 82 - m.giffard@colline.frMarie-Julie Pags 01 44 62 52 53 mj.pages@colline.frQuentin Robert 01 44 62 52 27 q.robert@colline.fr

    La Colline - thtre national15 rue Malte-Brun Paris 20e

    www.colline.fr

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  • IntroductionNote dintention de Stphane Braunschweig

    Les Gants de la montagne sont le triomphe de lImagination ! Le triomphe de la Posie, mais en mme temps la tragdie de la Posiedans la brutalit de notre monde moderne.Luigi Pirandello Lettre Marta Abba

    La troupe de thtre de la Comtesse Ilse, rejete de partout aprs lchecde La Fable de lenfant chang, la pice dun pote suicid, atterrit dans la villa de Cotrone et de ses poissards, des marginaux qui vivent dans la montagne, retirs dumonde. Persuad que loeuvre quils veulent continuer jouer ne pourra jamais treentendue dans un monde qui ne voit lart que comme un divertissement et qui a placbien plus haut sur lchelle des valeurs la qute sans frein de largent et le culte dusport, Cotrone propose aux acteurs de sinstaller dfinitivement dans la villa pour yreprsenter leur pice entre eux, sans plus rien attendre du moindre public. Cotrone dcrit la villa comme le rgne de limaginaire, lendroit o ils pourront chapperenfin cette vie relle, qui nest plus pour eux quune suite dchecs, artistiques etpersonnels. La tentation de sarrter l est grande pour les acteurs. Mais Ilse nepeut se rsoudre laisser vivre seulement en elle loeuvre du pote et veutcontinuer de la porter parmi les hommes.

    Est-ce que lart a encore sa place dans la brutalit du monde moderne? demande Pirandello. Lui qui semble projeter dans Cotrone sa propre tentation de sereplier au pays des rves, loin de la socit totalitaire - celle du pouvoir fasciste -contre laquelle il semble crire Les Gants de la montagne. Ou bien faut-il aucontraire rsister et se battre, mme si les chances de victoire sont infimes ? Rsister en se dbattant avec la tentation du repli, comme en tmoigne cette picequil porta longtemps sans parvenir lachever.

    Le monde dans lequel nous vivons nest certes pas - heureusement encore - le fascisme de Mussolini, mais le dsespoir engendr par la pense unique, le sentimentdes peuples de navoir plus droit au chapitre dans lconomie mondialise, la montedes xnophobies et des intolrances, les menaces quelles font peser sur la libertdexpression et de pense, les crises conomiques qui obligent les tats resserrerleur intervention sur le ncessaire aux dpens du superflu de lart, risquant delivrer celui-ci aux seules lois du march, donc la domination du divertissement commercial - tout cela fait cho en moi aux interrogations de Pirandello et de sonmythe de lart, comme il appelait ses Gants de la montagne.

    Cette lecture politique, dcisive dans mon dsir de faire entendre aujourdhuicette oeuvre, nen puise cependant pas la dimension mythique, justement si lapice me semble si fascinante, cest quelle met en rsonance dans des harmoniquesinoues limaginaire et la mort. Car cest aussi un voyage au pays des morts que nousconduit Pirandello, vritable Charon des temps modernes.

    Ce nest pourtant pas ce qui parat au premier abord : Le corps, cest la mort,nous dit Cotrone, qui propose prcisment de nous faire sortir de nos corps, de nousdissiper en fantmes et de projeter nos mes dans la nuit qui rve, autrementdit de saffranchir des limites de la raison et de franchir celles du surnaturel. ceuxqui semblent errer dans lexistence, Cotrone semble ouvrir la porte dun monde librdes contraintes de la ralit, des tourments de la culpabilit, un monde qui effacedun mme coup les souffrances et les dsillusions, les frustrations et les checs.

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  • On dirait quil ajoute au rel une quatrime dimension (privs de tout, nous avonstout notre temps pour nous) et ltre humain un sixime sens. Cotrone r-enchantele monde en faisant appel notre enfantine capacit dmerveillement, il suffit dycroire ne cesse-t-il de dire. Mi-sorcier cherchant dsensorceler la compagnie de laComtesse de la maldiction dont elle semble victime, mi-antipsychiatre qui auraitfait de la villa une sorte dasile pour les clops de la vie, et de la vie psychique enparticulier, il propose comme traitement radical la sortie de soi-mme et la plongedans limaginaire cest la folie qui fait le bonheur, semble-t-il penser rebours tout la fois de la psychiatrie classique et de la socit de consommation.

    Il suffit dy croire: cest aussi la premire convention du thtre, et Ilse etses compagnons sont un peu en terrain connu. Et dailleurs nont-ils pas eux aussi affaire aux esprits? Le quotidien des acteurs nest-il pas fait de cette espce de mtempsychose inverse, o ce nest pas lme qui se transporte de corps en corps,mais leur corps qui sert denveloppe la rincarnation dmes multiples ? Au thtreon nest jamais trs loin de la folie, tous les acteurs le savent, cest la consciencede jouer qui en prserve, et cest prcisment cette conscience que Cotrone veutabolir: Ce nest plus un jeu, mais une ralit merveilleuse dans laquelle nous vivons,dtachs de tout, jusquaux excs de la dmence. On comprend quIlse qui se dbatdj avec la folie craigne dy basculer compltement en entrant dans la villa.

    Car cette villa o lon vit de rien et de tout, dans un dnuement matrieltotal qui rend possible laccs une richesse spirituelle infinie (on se croirait parfois chez saint Franois dAssise), cette villa apparat aussi comme un autremonde, et y entrer, cest un peu entrer dans la mort. Nous sommes ici comme aux lisires de la vie, prvient Cotrone avant de nous prsenter Sgricia, la petitevieille qui a vu lange, une femme qui communique avec les mes du Purgatoire et secroit elle-mme morte. Ilse quant elle ne c